L’émail est un verre réduit en poudre, déposé sur le métal puis cuit au four. L’expression « Grand Feu » désigne cette cuisson à haute température, généralement autour de 800 °C selon les émaux. Sous l’effet de la chaleur, les grains fusionnent en une couche vitreuse qui adhère au support. En refroidissant, elle se solidifie et révèle sa couleur et son éclat.
Dès le XVIIe siècle, les émailleurs de Blois et de Paris ornent les boîtiers et les cadrans de montres de scènes peintes en miniature, associant la mesure du temps aux arts du feu.
L’émail est un verre dont la composition associe des matières minérales et des oxydes métalliques qui lui donnent sa couleur. Selon sa formulation, il peut être opaque ou transparent, couvrir le métal ou laisser apparaître les détails gravés à sa surface.
Avant l’application, l’émail est broyé en grains fins, puis soigneusement lavé à plusieurs reprises. La poudre est maintenue humide pour former une préparation que l’émailleur peut prélever et déposer au pinceau. Cette étape permet de répartir les grains avec précision sur le support métallique préalablement préparé.
L’eau sert uniquement à la pose et doit s’évaporer avant la cuisson. Au four, les grains fusionnent pour former une surface vitreuse continue. La poudre prend alors l’aspect de l’émail que l’on reconnaît sur le cadran, avec sa couleur, sa transparence et son éclat.
Au four, les grains d’émail fusionnent pour former une couche continue liée au métal. Pour les cadrans Ukiyo, 5 couches sont nécessaires afin d’obtenir la bonne intensité de couleur, cela représente une épaisseur de 0,35 mm sur la face avant et sur la face arrière.
Cela demande une très grande précision, à chaque passage au four, une petite différence de densité d’émail sur chaque face crée des déformations, et il faut tout recommencer.
Le refroidissement révèle le résultat et permet d’apprécier la couleur, la surface et la qualité de la cuisson.
Avec un émail transparent, le support participe pleinement à l’aspect du cadran. La lumière traverse la couche colorée et se réfléchit sur le métal.
Les décorations, comme ici le « Perlage » produisent ainsi des nuances différentes selon l’éclairage et l’inclinaison de la montre.